Publicité

Vendredi 14 août 2009

L'âge de la stupidité

L'âge de la stupidité, c'est comme jeter un coup d'oeil à travers une paire de jumelles pour observer des gens sur une plage très éloignée. Ils tournent en rond, le regard fixé au sol, sur leurs pieds ou sur le sable, alors qu'un tsunami fonce droit vers eux. Et ils restent immobiles, presque paralysés. Ces personnes dont il s'agit, c'est un peu (beaucoup) de nous, aujourd'hui, en 2009.

Le 15 mars dernier, un documentaire britannique baptisé The Age of Stupid était présenté en avant-première au Leicester Square de Londres sous un chapiteau fonctionnant à l'énergie solaire, et en présence du ministre britannique de l'Energie et du Changement Climatique, Ed Miliband. Ce film qualifié d'"effrayant" par le New York Times se déroule en 2055 et nous offre le point de vue d'un archiviste, seul survivant sur Terre, incarné par Pete Postlethwaite, et qui se demande à la vue des tragiques évènements du début du 21ème siècle pourquoi l'Homme n'a t-il rien fait pour se sauver. Conservateur d'une sorte de bibliothèque du savoir humain, l'homme appuie sur le bouton retour en arrière de son écran tactile et nous montre des images d'archives liées au changement climatique tournées lorsqu'il était encore temps pour l'humanité de s'en sortir. Des images d'aujourd'hui, en quelque sorte.

Tourné dans sept pays sur une période de trois ans, un peu comme les récents Nous Resterons Sur Terre et Home, The Age of Stupid met en avant six histoires, des images d'archives donc, et des animations notamment réalisées par Passion Pictures, créateur des anim' de Gorillaz. Dans certaines d'entre elles, Londres est sous les eaux, Sydney brûle et Las Vegas est enseveli sous des tonnes de sable.

Présenté comme plus percutant, plus alarmant et polémique qu'Une Vérité Qui Dérange, d'Al Gore, et moins esthétisant que Home, de Yann Arthus Bertrand, mais évidemment aussi polluant de par sa réalisation (bah oui...un hélico, ça pollue), The Age of Stupid, réalisé par Franny Armstrong, retentit aujourd'hui comme une énième sonnette d'alarme tirée avec désespoir pour éveiller encore un peu plus les consciences et faire en sorte de freiner le plus rapidement possible le mouvement qui nous mène à l'irréversible. Dans le film, Mark Lynas, auteur et activiste environnemental avance même l'année 2015 comme point de non-retour si la planète ne réduit pas de manière conséquente ses émissions de CO2.

Plutôt d'actualité alors que la 15ème Conférence des Nations Unis sur le Climat se déroulera à Copenhague du 7 au 18 décembre de cette année. Ce sommet, qui fait figure de dernière chance après l'échec du protocole de Kyoto, non ratifié par les Etats-Unis, responsables du quart des émissions de CO2 dans l'atmosphère  terrestre, se voit déjà menacé lui aussi d'un échec. Selon Martin Kaiser, chef de la délégation politique de Greenpeace, "le risque qu'aucun accord ne soit signé au Danemark est réel" (voir Le Monde d'aujourd'hui). Ces derniers jours avaient lieu à Bonn des discussions entre les acteurs présents en décembre à Copenhague, et il semble déjà que nos représentants politiques ne soient pas prêts à faire l'effort nécessaire. Selon Kaiser, "Les pays industrialisés ne se sont engagés qu'à réduire de 10 % à 15 % leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990, alors que les scientifiques les plus optimistes recommandent une réduction de 40 %". Mieux, les pays en développement n'accepteraient de signer un traité que si les pays riches, comme les Etats-Unis, acceptent de les soutenir (à juste titre) à hauteur de 160 milliards de dollars par an jusqu'en 2020. En pleine récession... Et c'est sans compter sur la "bonne" volonté de l'Inde ou la Chine, qui goûtent un peu plus chaque jour aux joies du capitalisme. Il y a donc fort à parier que Copenhague ne sera malheureusement qu'un vaste champ de bataille ouvert aux tenants du capitalisme vert...

Pour tenter d'inverser la tendance, The Age of Stupid sera projeté le 21 septembre à Central Park (NYC) en présence de Kofi Annan (ex-secrétaire général de l'ONU) et par la suite dans une quarantaine de pays, et bien-sûr sur le net. Avant la projection new-yorkaise, Thom Yorke, de Radiohead, donnera même un concert solo, ce qui est assez rare pour être souligné ! D'ailleurs Radiohead figure sur la bande son du documentaire.

Alors, le message passera t-il ? Difficile de répondre par l'affirmative même si certains, comme Caroline Lucas, leader du parti vert britannique, défient quiconque ayant vu le film de ne pas se sentir concerné et partie prenante du changement qui doit s'opérer. Difficile aujourd'hui en effet, même sans vouloir paraitre cynique, de ne pas penser qu'il est déjà trop tard et que les politiques n'y changeront rien. La consommation de masse et ses dérives, le capitalisme ultra-libéral et financier, au delà de ses récents et futurs dommages sur la vie de tout un chacun, les désastres écologiques et les frontières cyniques, visibles ou invisibles, que les hommes dressent entre eux et à l'intérieur d'eux sont autant de barrières qui peuvent paraitre infranchissables.

Toutefois, à l'instar des armes qui sont celles du capitalisme et de la publicité, la répétition d'un message garantie la diffusion de son écho dans le temps et les esprits. Espérons que celui-ci soit entendu et que les maitres du monde éveillent leurs consciences et détournent un peu le regard des pauvres chiffres de la croissance économique. On peut toujours rêver, non ? Tous concernés, du bas de l'échelle avec de petits gestes, jusqu'en haut avec des traités, des lois et des sanctions. C'est le modeste prix à payer pour éviter de sombrer dans la stupidité. Rêver, c'est génial, mais se réveiller, ça a aussi du bon, parfois. Surtout quand c'est essentiel.




Guillaume
Par Daydreamer - Publié dans : Actualité - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 20 juillet 2009

La playlist

Désormais, j'essaierai chaque semaine de poster sur ce blog une playlist musicale ou vidéo. Le choix sera purement subjectif, en lien ou non avec l'actualité, et composé de découvertes ou non. Ca se fera à l'inspiration...

Et cette semaine, j'ai décidé de vous concocter une spéciale Man on the Moon. Différentes décennies, différents styles, chansons connues ou non la composent. Seuls points communs : ce sont des artistes que j'apprécie et les titres font référence à... la Lune. J'espère que chacun y trouvera son compte. Pour l'écouter, il suffit de cliquer ! Bonne écoute !


(click)

Evidemment, pas question d'occulter le groupe terrestre le plus lunaire : Pink Floyd !

Bonus Vidéo :

Time
Us & Them
Breathe
The Great Gig In The Sky



"There is no dark side of the moon, really... matter of fact it's all dark"
Rest in Peace Richard Wright & Syd Barrett

Par Daydreamer - Publié dans : When the music's over - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 20 juillet 2009

Man on the Moon

C'est l'évènement de la semaine. Des couvertures de magazines hors-série aux émissions spéciales en passant par les reportages d'information, impossible d'y échapper puisque vous le savez, ce lundi nous fêtons le quarantième anniversaire de ce qui restera comme l'une des plus fascinantes pages de la grande aventure qu'est le passage de l'Homme sur cette Terre. Et son action se déroule... sur la Lune !

Dans la nuit du 20 au 21 juillet 1969, deux hommes, américains, posaient le pied sur le satellite naturel de notre planète. Un petit pas pour l'Homme, un bond de géant pour l'Humanité, signait Neil Armstrong pour l'Eternité. A cette aventure de la Terre à la Lune dont rêvait Jules Verne, Arte a décider de consacrer ce lundi 20 juillet, dès 20h45, une grande soirée spéciale
A la conquête de la Lune.



Si j'ai choisi d'en parler, c'est parce que cette soirée s'ouvre sur le génial documentaire de David Sington, produit par Ron Howard, intitulé "In the Shadow of the Moon" (Dans l'Ombre de la Lune, en VF) et dont je vous parlais il y a un peu plus d'un an, ici.

Le pitch :

En 1961, le président Kennedy annonce l'intention des Etats-Unis d'envoyer un homme sur la Lune avant la fin de la décennie. Cette bravade vise à démontrer, en pleine guerre froide, la supériorité technologique des Américains sur les Soviétiques. Vers la fin des années 60, ces aspirations spatiales deviennent aussi une précieuse source de fierté et d'unité pour un peuple déchiré par la guerre du Viêtnam et les assassinats de plusieurs leaders. «Dans l'ombre de la Lune» relate les différentes étapes qui ont mené aux premiers pas de Neil Armstrong sur le sol lunaire, et rend compte du sentiment d'émerveillement qui a entouré toute l'entreprise. Les astronautes qui ont pris part au programme Apollo racontent leurs souvenirs, illustrés par des images d'archives, souvent inédites.



Ce documentaire, jamais sorti en France, a été primé au Festival Sundance en 2007 et est déjà sorti en DVD aux Etats-Unis et en Grande Bretagne il y a un an. L'intérêt de ce film passionnant réside bien sûr dans la qualité exceptionnelle des images d'archives et des témoignages d'acteurs majeurs de la conquête spatiale. De Neil Armstrong à Buzz Aldrin en passant par Jim Lovell, héros de l'épopée Apollo 13 incarné par Tom Hanks dans le film éponyme, ou encore Michael Collins, qui a juste eu le droit de regarder. Mais ce qui rend In the Shadow of the Moon encore plus intéressant et prenant, c'est sa bande-son. Signée par le violoncelliste virtuose anglais Philip Sheppard, compositeur et professeur à la Royal Academy of Music de Londres, elle confère à ce documentaire une saveur et une émotion particulières.



Pour ceux qui ne le savent pas encore, Sheppard a collaboré avec David Bowie, Teitur, Scott Walker, Oasis, UNKLE, a signé la BO des films Hotel Rwanda ou encore Harry Potter and the Gobelet of Fire, et a même joué lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Beijing 2008. Son myspace . Je vous conseille l'écoute de "Reentry to Splashdown".

Fait à signaler, pour les amoureux des salles obscures qui voudraient profiter du son (comme l'auteur de ce billet) et revoir sur grand écran In the Shadow of the Moon, le film sera projeté dans sept salles en France dont le Kinépolis de Lille/Lomme ou le MK2 Bibliothèque de Paris.

Et si vous vous voulez encore plus d'étoiles dans les yeux, encore plus de "ici fusée lunaire" et de bannière étoilée flottant dans l'Espace (^^), il vous reste toujours le site officiel de la Nasa ou encore ce site, qui permet depuis jeudi de plonger au coeur de la mission Apollo XI grâce à une reconstitution multimédia de l’expédition américaine. Site accessible pendant un an, vous voilà prévenus !

Guillaume D.


Take care.
Par Daydreamer - Publié dans : 24 images/seconde - Communauté : Cinéma, Cinémaaa
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 17 juillet 2009


Hey there !

C'est curieux comme le temps passe. J'ai beau refuser de porter une montre pour en perdre la notion, il ne peut pas s'empêcher de défiler et les aiguilles de tourner. Beaucoup de temps s'est écoulé depuis mon dernier article. Peu à l'échelle de l'humanité, mais beaucoup au regard du monde dans lequel on vit, où la succession d'informations instantanées s'est substituée au rythme lent d'une journée. Où l'enveloppe prime sur le contenu. Où l'amnésie devient hype.

Un an de coma pour cette page blanche virtuelle comme j'aime à l'appeler - La liberté d'expression est un luxe fragile dont on ne jouit pas assez - Une année passée à se perdre de vue, à se tromper d'envies, de route. Mais aussi de découvertes passées sous silence. J'aurais pu noircir le cadre d'articles ennuyeux et à l'audience clairsemée, tous parcourus d'un enthousiasme souhaité contagieux et sans vaccin. J'aurais pu. Mais je ne l'ai pas fait et le temps perdu ne se rattrape plus car évanoui dans une dimension bien difficile à explorer. Dans ce vide se cachent des poussières d'espoirs, des fragments de films où il est question d'histoires d'amour new-yorkaises compliquées, de héros ridicules, de documentaires remplis d'images et de preuves d'un monde qui dévale la pente et ne sait plus comment freiner. Puis il y a ces leçons et traits tirés, et des écrits, des mots étouffés, des choses que l'on n'ose pas dévoiler par peur de tomber sur la dernière page et de ne plus en avoir à tourner. Il y a aussi l'espoir d'un pays à la tristesse finalement si humaine où je posais les pieds il y a un an jour pour jour, où les amitiés se brisent, volent en éclat sans faire de bruit. Et où le spectacle continue malgré tout.

Nos vies sont balayées par le temps comme les falaises par le vent. On (se) perd énormément. Mais les sédiments, les débris, s'assemblent parfois et laissent apparaître de nouveaux chemins tout aussi agréables à fouler. Alors l'idée de revenir trainer par ici m'a traversé l'esprit. Je ne sais pas encore si le résultat sera agréable à lire, mais j'essaierai. En espérant partager un peu plus qu'auparavant. Plus d'articles, d'idées, plus d'actualités, de photos, de musique. Une playlist musicale verra le jour bientôt et de nouveaux éléments viendront redonner vie à ce blog un peu poussiéreux. Noël en avance quoi ! Mais toujours pas question de réduire la taille des articles à 140 caractères. La disparition des mots réduit considérablement l'horizon.

Bonne lecture, et à très vite ;)
Take Care





Par Daydreamer
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 31 août 2008

Manhattan Stories

Comme promis, les photos de New York sont en ligne. Pour les voir, cliquez sur la statue, sur le lien ci-dessous ou visitez l'album, plus bas, à droite. Une sorte de kaléidoscope d'images plus ou moins aléatoires avec comme décor commun la ville la plus photographiée et filmée au monde. Il a fallu opérer un choix parmi les quelques mille cinq cent photos ramenées de là-bas, les sortir de leur chronologie. Pas facile, mais à vous de juger du résultat.


Bien entendu, à elles seules, elles ne racontent que très partiellement ce voyage. Les odeurs, les saveurs, les anecdotes, les sons, la musique, les découvertes... toutes ces choses manquent à l'appel. Mais des articles prendront forme un de ces quatre ;-)

En attendant, les images sont là, alors n'hésitez surtout pas à les commenter au bas de cet article, à livrer vos impressions, critiques etc... Ce blog est aussi un espace de discussion ! ;-)



Par Daydreamer - Publié dans : Photographie - Communauté : On the road...
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Vendredi 29 août 2008

Englishman in New York

Comme vous le savez peut-être, j'ai passé quelques jours aux Etats-Unis en juillet. Et à New-York, en particulier. Mais avant de partager sur ce blog quelques fragments photographiques rapportés d'outre-Atlantique, je me devais de m'arrêter quelques instants sur le travail d'un artiste que j'ai découvert sur le net peu avant mon départ. Celui-ci met plutôt bien en lumière et en évidence la vie urbaine contemporaine telle qu'elle se décline dans la Grosse Pomme. Cet artiste, c'est David Febland.

Anglais de naissance mais new-yorkais d'adoption, et ce depuis une vingtaine d'années, celui que le New York Times classe dans la catégorie des "urban realists" pose un regard très intéressant et pertinent sur Big Apple, et a fortiori  sur les grandes cités urbaines occidentales. Quoi de mieux que New York, en effet, pour (dé)peindre l'aliénation des grandes villes ? Dans cette Babel des temps modernes, tant de codes, de messages, de contradictions, de cynisme, d'étrangeté et d'individus s'entrechoquent ! Le décor semble inépuisable d'inspirations.

Un décor qui possède autant de rues que de failles et de sombres blessures sur lesquelles David Febland pose un regard éclairé et très photographique. Déformation professionnelle sans doute, puisque l'artiste est illustrateur commercial de formation. Mouvement, vitesse, contre-plongée, fuite, les éléments présents dans son oeuvre expriment avec justesse l'anxiété, la solitude, l'individualisme et la violence - visuelle en particulier - qui règnent dans une grande ville.

Dans ses toiles, l'artiste peint la vie ordinaire d'anonymes qui se trouvent bien souvent en opposition avec leur environnement. Un background luxueux, agressif et consumériste dont ils sont les témoins/victimes plus ou moins consentants. A l'instar de Rockwell ou Hopper en leurs temps photoréalistes, Febland s'intéresse essentiellement à son époque et cela se ressent. L'angoisse d'une Amérique post-onze septembre est ici palpable, mieux : elle saute aux yeux.



The New Land - David Febland (c)


Studio View - David Febland (c)


Not Kansas - David Febland (c)


Head to Heaven - David Febland (c)


Subterranean - David Febland (c)

Vos yeux en redemandent ? Suivez la flèche => http://www.davidfebland.com/
Par Daydreamer - Publié dans : Arts plastiques - Communauté : On the road...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 27 août 2008

Le Magicien Oz

D'emblée, autant vous prévenir, cet article n'a strictement rien à voir avec une vague comédie musicale où un épouvantail serait doté de parole. Non. En fait, c'est plus Retour vers le Futur puisqu'il introduit l'article qui suit mais qu'il a été écrit après celui-ci. Vous suivez ? Bon, après tout, peu importe l'ordre chronologique - le temps est une invention, il n'existe pas - le présent article antérieur au futur n'intègre aucun jugement de valeur artistique ni comparaison entre ses protagonistes. Ils sont juste différents. Laissons la compétition à ceux qui aiment ça (la liste est trop longue). Ceci dit, j'aurais plutôt tendance à apprécier davantage celui dont je vais vous parler juste ci-après, l'ayant interviewé juste une fois à la radio. C'était en 2006.

James Cochran, aka Jimmy C, est un artiste australien. Je l'ai donc découvert il y a deux ans lors de l'exposition SKATE qu'il donnait au Tri Postal de Lille juste avant une autre expo, au Point Ephémère, à Paris cette fois. C'est l'association Lumières du Nord qui l'avait alors remarqué et invité au Tri Po' pour le faire connaître au public français. Un pays et une langue que l'artiste affectionne tout particulièrement. Et pour cause, ce fan de Seurat et du Caravage possède une vraie culture artistique française et européene qui se diffuse dans son art. Et son histoire m'a paru tout à fait intéressante.

Là où Cochran rejoint David Febland, c'est qu'il puise son inspiration dans la rue, dans les villes qu'il art-pente. Et plus que d'y puiser son inspiration, il se l'approprie littéralement puisqu'il décline son art sur de multiples supports, à commencer par les murs. Vous savez...ces frontières que l'on dresse entre nous...



Aboriginal Theme - Christie Downs Railway Station (Australie) - 1997

La rue, il y a même vécu un temps. Mais de ce qui pourrait paraître une faiblesse de l'existence aux yeux de beaucoup, il a fait sa force. Aujourd'hui, il amène son art dans la rue, dans les quartiers dits (im)populaires à la rencontre de jeunes amoureux du tag. Il fait du graffiti, tout aussi (im)populaire et subversif, un art reconnu. Car Jimmy est graffeur avant tout ! Il a commencé par réaliser de grandes fresques murales en Australie, à l'aide de bombes aérosols de peinture acrylique. Et puis comme transporter des murs, déraciner les frontières, s'avère être une mission périlleuse - l'histoire passée ou (ré)actualisée est là pour nous le rappeler - l'idée lui est venue de colorer des toiles.

Les techniques qu'il emploie aujourd'hui le plus sont celles du pointillisme (ah Seurat !) ou du dot painting aborigène avec lesquelles il reproduit un certain réalisme social, urbain. Dans ses oeuvres, l'artiste muraliste donne la parole aux anonymes de la rue, aux individus en marge ou non...ces autres semblables à des miroirs grossissants. Ceux-ci semblent sortir de rêves hallucinés, d'une ivresse bacchusienne, quasi-mystique. En particulier les aborigènes. Mais pas seulement. Ainsi, de ses voyages en milieu urbain, que ce soit au Japon, en Australie ou en France, sont nées de nombreuses toiles. Mention spéciale à sa série "Metro Dodo" où Jimmy aborde et explore l'underground de paname sous un angle génial. Explication de l'intéressé :


"Ces peintures sont conçues pour que le spectateur, voire le voyeur, soit invité à examiner cet espace intime de la rame de métro où le sujet profite d'un instant de repos. Pour moi, voyager dans le métro dans des villes comme Paris ou Tokyo reste une expérience étrange : les frontières entre l'espace public et privé s'effondrent - ce qui est vécu comme un lieu de vie partagé, devient un espace clos et inhumain - mieux vaut ne pas chercher le regard des autres voyageurs, c'est inconvenant, insolent. Dans cet endroit les individus n'hésitent pas à s'endormir, à s'extirper de la réalité , pour tomber dans un état d'oubli. Je trouve ce lieu fascinant. Dans cet espace surpeuplé, chacun semble être enfermé dans ses propres pensées, ses propres rêves ces peintures veulent explorer cet univers indéfinissable et transitoire, entremêlé de songes fragiles et du train-train quotidien" Jimmy C.



Metro Dreaming (Autoportrait) - 2006 - Collection de l'artiste (c)


The Frankster - 2006 - (c) Jimmy C


Parkland Blessing - 2004 - (c) Jimmy C


Le lien ultime :
http://www.akajimmyc.com/


Par Daydreamer - Publié dans : Arts plastiques - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 23 août 2008


Il fait froid sur la route. Très froid. On devine le ciel gris sans jamais l'apercevoir. Le brouillard assassine le regard, aveugle les sens et chasse les couleurs. Elles ne sont plus qu'un souvenir. Dans ce monde, des couleurs, il n'y en a plus. Mêmes les rivières sont noires. La cendre recouvre un paysage sans vie, lunaire, hanté par ce qu'il reste d'une civilisation perdue. Et autour, le théâtre des ombres. Comme un rappel que le cauchemar est bien réel. Alors oui, il fait froid sur la route. Très froid. A vous glacer le sang.

Sur la route, sous la cendre, des corps se dessinent en lambeaux. Morcelés, déchiquetés, mordillés. Signe d'un décor d'épouvante, post-apocalyptique, où un père et son fils errent en haillons dans ce qu'il reste d'Amérique. Deux pélerins en quête d'un nulle part où aller. Dans leur marche ténébreuse, ils poussent un caddie rempli de couvertures, de sacs plastiques. Nomades, ils "portent le feu". Seul vestige d'un espoir auquel ils s'accrochent tant bien que mal. Ils cheminent au milieu du chaos, hors du temps, hors des villes incendiées pour trouver à manger, de quoi survivre jusqu'au prochain bivouac. Sur la route sommeillent  des cadavres de voitures calcinées, rouillées, où reposent dans une résine de caoutchouc fondu et sur des sièges aux ressorts nus, les corps incinérés, rétrécis de milliers d'individus. "Et leurs milliers de rêves figés à jamais dans leurs coeurs assoupis".

Ces images peuvent sembler effroyables. Mais le plus effroyable est peut-être leur réalisme saisissant. Le fait qu'en plus de les imaginer, nous pourrions bien un jour les voir surgir devant nos yeux. Ou peut-être est-ce simplement l'histoire d'un père et son fils sur la route, comme l'aime à penser son auteur, Cormac McCarthy... Une histoire où plutôt un conte qui prend racine à un moment sinistre, à la fin du monde civilisé, où la vie humaine se consume dans un hiver qu'on devine nucléaire après s'être tant consommée.




Ce qui s'est réellement passé, on ne l'apprend jamais au cours des 287 pages éclaboussées par la grâce de ce bouquin au style inimitable et tranchant comme une lame de rasoir. Dès les premières lignes, Cormac McCarthy vous prend par la main et ne vous lâche plus. Les mots se bousculent dans un rythme à couper le souffle et une écriture quasi biblique. Le style, épuré à l'extrême et d'une simplicité désarmante, plonge véritablement le lecteur aux côtés de l'homme et de l'enfant, lui faisant ainsi partager leurs peurs, leur désespoir et leurs doutes. Mais sans jamais lui dicter de vérités assassines, lui laissant au contraire tout le loisir de se plonger dans un hors-champ phénoménal où l'imagination reste alertée en permanence et où les interprétations varient selon les sensibilités de chacun.

The Road, qui a reçu le Prix Pulitzer dans la catégorie fiction en 2007, est un livre qui prend aux tripes. Une histoire d'une rareté et d'une beauté incroyable. En la lisant, on est au minimum bouleversé, mais définitivement marqué et ému par les dialogues remplis de vérité et de sincérité entre un père et son fils déterminés à s'en sortir malgré l'obscurité d'une vie où l'espoir semble être interdit et où la menace demeure omniprésente.

J'ai lu The Road l'hiver dernier et j'ai été profondément marqué. Il m'a retourné les tripes, laissé un goût de cendre et continue de me coller au coeur. Des mois plus tard, je m'interroge encore sur le sens de certaines discussions qu'il renferme. Si vous choisissez de le lire, vous serez sûrement déroutés, bousculés.  Et ceci est tout à fait normal. Cormac McCarthy est avec Norman Mailer l'un des plus grands écrivains américains contemporains. No Country for Old Men (oui, le film des frères Coen), c'est lui. Les dialogues lui sont fidèles. Mais The Road est différent. C'est un chef d'oeuvre. Sans doute le livre de la décennie. Un livre qui change la façon dont on perçoit le monde !

Et si j'ai choisi d'en parler aujourd'hui, c'est que de l'histoire est en train de naître un film qui sortira aux Etats-Unis en novembre. Probablement en février chez nous. L'adaptation est signée Joe Penhall et la réalisation John Hillcoat. Le père sera joué par Viggo Mortensen, l'enfant par Kodi Smit-McPhee, la mère par Charlize Theron. Le tournage s'est déroulé en Pennsylvanie, dans l'Oregon, et en Louisiane. Et il se dit que les dialogues et l'histoire ont été scrupuleusement respectés. On verra.

En attendant, la meilleure chose à faire est de le lire. Les mots sont tout aussi magiques que les images. L'imagination les sublime. Il ne faudrait jamais l'oublier...



"Idiot...slow down..."




Par Daydreamer - Publié dans : Bouquins - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 20 août 2008
      "On n'hérite pas de la Terre de nos ancêtres,
             nous l'empruntons à nos enfants"
. Antoine de St-Exupéry.

Je ne sais pas trop si la société de consommation de masse a créé l'emprunt ou si c'est l'inverse. Mais ce que je sais, c'est que l'empreinte de l'Homme sur son environnement est un emprunt qu'il sera difficile à rembourser.


Cet article se veut bref. Voici un documentaire anglais intitulé "The Human Footprint". Son but : nous montrer ce que représente en moyenne une vie humaine en termes de chiffres. Combien de litres de lait boit un anglais au cours de ses trois-quarts de siècle d'existence ? Combien de nice cups of tea ? Combien de vêtements, de pommes de terre, de dentifrice, de bières... ? Mais aussi combien d'amis, d'amours...  Combien de mots parlons-nous au cours de nos vies ? Ou encore, combien d'arbres pour notre journal quotidien ? Ce documentaire répond à toutes ces questions de manière assez pertinente. L'occasion d'envisager, images à l'appui, ce que chacun d'entre nous consomme et surtout, notre empreinte sur la planète. Et de rappeler qu'à l'instant où cet article est publié, nous y sommes au nombre de 6 689 790 860.

C'est en anglais, mais largement compréhensible. ;-)


What will you take for your lifetime breakfast ?


A nice cup of tea ?


...or the Great Milky Way ?

Par Daydreamer - Publié dans : Actualité - Communauté : On the road...
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 19 août 2008

- Le progrès, OK... Mais ma connexion wi-fi sous l'eau, c'est pour quand ?

Par Daydreamer - Publié dans : Tout et rien
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Pensées du jour

Celui qui contrôle les médias contrôle les esprits.

Jim Morrison

Le jour où l'abeille disparaîtra, l'Homme n'aura plus que quatre ans à vivre.

Albert Einstein

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Présentation

Inspiration(s)

Jeff Buckley, Radiohead, Chet Baker, Patrick Watson, Erik Satie, Lou Reed, Sigur Ros, Portishead, Bob Dylan, Damon Albarn, Rory Gallagher, Syd Matters, Charles Mingus,  Elliott Smith, Hope Sandoval, Led Zeppelin, Pink Floyd, Johnny Cash, Neil Young,The Doors, Marvin Gaye, Noir Désir, Alain Bashung, John Coltrane, Henry David Thoreau, Cormac McCarthy, Christopher McCandless, George Orwell, Chuck Klosterman, Naomi Klein, Noam Chomsky, Edgar Morin, André Gorz, Krishnamurti, Hubert Reeves, Oscar Wilde, Tintin, Sylvain Tesson, Michel Gondry, Wim Wenders, Martin Luther King, Dolorès O'Riordan and many more...

Flux RSS


Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus